DossierÉducation
Publicité sur les sites éducatifs
Sites ressources pour enseignants, sites familles, plateformes de soutien : quels formats proposer, quelles règles respecter auprès des élèves et des enfants, et que demander à la régie avant de réserver.

Un site éducatif ne se traite pas comme un site d’actualité ou de loisirs. Ses lecteurs sont des enseignants qui préparent leurs cours, des parents qui suivent les devoirs, des élèves qui cherchent de l’aide. Une partie d’entre eux sont mineurs, et une partie des contenus finit projetée ou imprimée en classe. Ce guide couvre les types de sites, les formats, les règles à respecter et les questions à poser à la régie.
Quels types de sites éducatifs peuvent accueillir votre message ?
On distingue trois familles de supports. Elles ne touchent pas le même lecteur et n’appellent pas le même message.
- Les sites ressources pour enseignants : fiches, exercices, jeux, kits à télécharger. Le lecteur choisit ce que ses élèves verront : c’est un prescripteur, qui peut faire entrer votre ressource dans toute une classe.
- Les sites pour les familles : aide aux devoirs, activités à faire à la maison, conseils aux parents. Le lecteur est souvent un parent, parfois l’enfant lui-même.
- Les plateformes de soutien et les communautés d’entraide : ressources adaptées à un besoin précis (troubles DYS, révisions), échanges entre parents et professionnels. Le lecteur arrive avec une difficulté réelle : le message doit rester sobre et utile.
Commencez donc par fixer qui vous voulez atteindre. Nos pages pour toucher les enseignants et toucher les parents détaillent les supports propres à chaque public. Le dossier communiquer dans le secteur de l’éducation donne une vue d’ensemble du marché.
Quels formats publicitaires trouve‑t‑on sur ces sites ?
Display et habillage de page
Bannières et habillages s’affichent autour des contenus. Ils servent la notoriété et la répétition d’un message simple. Sur une page lue par des enfants, vérifiez que la création se reconnaît comme une publicité au premier regard.
Article sponsorisé et publi-communiqué
Le média publie un contenu financé par l’annonceur. Le format convient aux sujets qui demandent une explication : une méthode, un dispositif, une formation. Indiquez clairement qui finance.
Newsletter
L’annonceur achète un emplacement dans la lettre d’un média, ou un envoi dédié à ses abonnés. Le guide des campagnes dans les newsletters éducation détaille la préparation.
Kits pédagogiques et opérations spéciales
Le média diffuse un support conçu pour la classe : kit, jeu, parcours, cahier d’activités. On sort alors de l’espace publicitaire au sens strict. Le support doit avoir une valeur pédagogique propre et suivre les règles des partenariats école-entreprise. Deux guides approfondissent ce point : la création et diffusion de kits pédagogiques et les partenariats entre marques et acteurs éducatifs.
À titre d’exemple, RS‑Education, régie spécialisée dans l’éducation, est éditée par Educaland Ltd, société de droit mauricien. Cette société édite aussi regies‑publicitaires.fr. Pour les enseignants, RS‑Education propose des newsletters enseignants, des kits pédagogiques diffusés, des publi-communiqués et des tribunes. Elle distingue ces formats publicitaires des supports qu’elle produit, comme les kits, les escape games, les parcours interactifs ou les cahiers d’activités. Sa page sur les formats pédagogiques produits par RS‑Education en décrit 10 RS‑Education.
Que disent les textes sur la publicité à l’école ?
Le texte de référence, à notre connaissance toujours en vigueur, est la circulaire n° 2016‑183 du 22 novembre 2016 « Développer et structurer les relations École-entreprise », qui a abrogé la circulaire n° 2001‑053 et repris ses dispositions encore applicables. Elle réaffirme que les établissements scolaires doivent respecter le principe de neutralité commerciale du service public de l’éducation, en s’appuyant sur l’article L. 511‑2 du code de l’éducation Ministère de l’Éducation nationale.
Deux interdictions sont nettes. Les campagnes publicitaires dans les établissements sont interdites, et ni les enseignants ni les élèves ne peuvent servir de vecteurs publicitaires. Les entreprises ne peuvent pas non plus venir distribuer des documents publicitaires, ni remettre gratuitement aux élèves ou à leurs parents des produits à finalité publicitaire.
D’autres pratiques restent possibles, sous conditions :
| Pratique | Ce que prévoit la circulaire |
|---|---|
| Marque d’une entreprise partenaire d’une action pédagogique | Elle peut apparaître discrètement sur les documents remis aux élèves Ministère de l’Éducation nationale |
| Documents pédagogiques fournis par une entreprise | Les enseignants contrôlent les messages publicitaires implicites Ministère de l’Éducation nationale |
| Concours proposé par une entreprise | Il doit avoir un lien explicite avec les programmes Ministère de l’Éducation nationale |
| Partenariat école-entreprise | Convention écrite obligatoire Ministère de l’Éducation nationale, aucune rémunération des personnels Ministère de l’Éducation nationale |
| Opération menée en partenariat | Elle ne remplace pas l’enseignement (article L. 551‑1 du code de l’éducation) Ministère de l’Éducation nationale |
| Plaquettes des établissements du second degré | Encarts publicitaires limités aux activités parascolaires Ministère de l’Éducation nationale |
| Distributeurs automatiques | L’appareil ne peut pas être lui-même un support publicitaire Ministère de l’Éducation nationale |
En 2009, le ministère résumait ainsi la règle : dans les établissements d’enseignement publics, les pratiques publicitaires et commerciales sont interdites Assemblée nationale.
Ces textes s’adressent aux établissements et à leurs partenaires. Ils vous concernent dès qu’une ressource en ligne est projetée ou imprimée en classe : l’enseignant ne peut pas y relayer un message commercial. Prévoyez une version sans publicité des contenus destinés à la classe, avec au plus une marque discrète Ministère de l’Éducation nationale.
Quelles règles protègent les enfants dans le message ?
Côté déontologie, la Recommandation « Enfant » de l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité) appelle « enfant » le consommateur de 12 ans et moins, et « adolescents » les 13‑17 ans ARPP. Elle pose notamment ces principes :
- le caractère publicitaire doit être rapidement identifiable ;
- la publicité ne doit pas dévaloriser l’autorité, la responsabilité ou le jugement des parents et des éducateurs ;
- elle ne doit pas inciter directement l’enfant à persuader ses parents d’acheter le produit ;
- elle ne doit pas créer un sentiment d’urgence d’achat ni présenter l’achat comme indispensable.
Côté audiovisuel, la loi n° 2016‑1771 du 20 décembre 2016, dite loi Gattolin, interdit la publicité commerciale dans les programmes jeunesse des chaînes publiques destinés aux moins de 12 ans, dans les 15 minutes qui les précèdent et les suivent, et sur leurs sites internet, à compter du 1er janvier 2018 Sénat. Le ministère a confirmé en 2024 la distinction : publicité prohibée dans les programmes jeunesse des chaînes publiques, simple co-régulation par la Charte alimentaire de l’Arcom pour les chaînes privées Assemblée nationale.
La Charte alimentaire Arcom 2025‑2029, signée en décembre 2024, s’étend aux plateformes (Google, Meta, TikTok, Snapchat) et vise à réduire l’exposition des enfants aux publicités pour des produits trop gras, sucrés ou salés. Ces textes visent les chaînes de télévision et les plateformes signataires Arcom. Sur un site éducatif lu par des enfants, relisez donc vos créations avec la Recommandation « Enfant » de l’ARPP ARPP.
Données et ciblage : quelles limites pour les mineurs ?
En France, la majorité numérique est fixée à 15 ans : en dessous, un traitement de données fondé sur le consentement dans un service en ligne n’est licite que si ce consentement est donné conjointement par le mineur et le ou les titulaires de l’autorité parentale (article 45 de la loi Informatique et Libertés) CNIL.
Dans les outils numériques utilisés à l’école, la CNIL considère les traceurs publicitaires comme en principe interdits, au nom de la neutralité commerciale. Elle estime aussi que le consentement peut difficilement servir de base légale dans le cadre scolaire, en raison du lien d’autorité CNIL. La circulaire de 2016 interdit par ailleurs d’aider une entreprise à constituer un fichier clients à partir des informations de l’établissement, et exige le consentement pour collecter le nom, l’adresse ou l’âge des élèves Ministère de l’Éducation nationale.
En pratique, préférez un placement contextuel (thème, niveau, rubrique) au ciblage comportemental, et ne collectez aucune donnée auprès des élèves. Réservez formulaires et jeux-concours aux adultes (enseignants, parents), et faites valider leur parcours par le média.
Qu’est-ce qu’un éditeur éducatif peut refuser ?
Prévoyez une étape de validation par le média avant toute diffusion. Chez RS‑Education, par exemple, les contraintes affichées sont l’absence de collecte de données d’élèves, des créations conformes au cadre de la publicité en milieu scolaire et une validation éditoriale par chaque média. La régie distingue aussi nettement le partenariat de l’espace publicitaire RS‑Education.
Les textes cités plus haut permettent d’anticiper les motifs de refus les plus probables :
- un message qui pousse l’enfant à faire acheter ses parents, ou qui crée une urgence d’achat ARPP ;
- une publicité déguisée en ressource pédagogique, dont le caractère commercial n’apparaît pas à la première lecture Ministère de l’Éducation nationale ;
- un formulaire, un traceur ou un jeu-concours qui collecte des données d’élèves CNIL ;
- un message qui dévalorise les parents ou les enseignants ARPP.
Comment choisir une régie et préparer votre demande ?
Une régie vend l’espace des médias qu’elle représente. La conception de la campagne reste à l’annonceur ou à son agence, et le brief est la première pièce à fournir : voyez comment rédiger le brief d’une campagne éducative. RS‑Education en recommande un de deux pages, en 8 rubriques : contexte et marque, objectif, cible, message clé, budget, calendrier, contraintes, indicateurs de succès RS‑Education.
RS‑Education se présente à la fois comme agence éditoriale et comme régie de médias éducatifs. Elle diffuse les campagnes des annonceurs auprès des enseignants, des établissements scolaires et des familles, sur 8 médias éducatifs en France, Belgique, Suisse et Canada RS‑Education. La fiche de la régie RS‑Education détaille son offre, et la page qui présente les médias éducatifs du réseau RS‑Education liste les sites représentés. Quelques exemples correspondent aux familles de sites décrites plus haut :
| Média | Contenu et public | Chiffres annoncés |
|---|---|---|
| Jeux Pédago | Jeux éducatifs en ligne du CP au lycée, en classe comme à la maison RS‑Education | 1 300+ jeux, 38 000+ enseignants utilisateurs RS‑Education |
| Dys‑Positif | Ressources pour élèves DYS et TDAH, du primaire au lycée RS‑Education | 23 000 visiteurs par mois déclarés RS‑Education |
| Astuces pour DYS | Communauté d’entraide pour familles, enseignants et professionnels concernés par les troubles DYS RS‑Education | 116 500+ abonnés Facebook RS‑Education |
Sur les supports destinés aux enseignants, l’impression seule dit peu de chose. RS‑Education indique suivre plutôt le nombre de téléchargements et leur répartition par niveau RS‑Education. Le guide pour mesurer les résultats d’une campagne éducation détaille les indicateurs à demander, et celui sur la façon de choisir une régie spécialisée dans l’éducation aide à comparer les offres.